Fantaisie

Fantaisie

C’est un disque comme un mirage qui sortira à l’automne 2026 : épique et évanescente, la musique d’un territoire disparu.

​Un monde créé en sept chansons, comme autant de jours à parcourir un univers parallèle. ​​​Cette terre hallucinée, c’est celle du groupe Fantaisie, dont on ne sait rien si ce n’est que l’album Pariah’s Ballad a été enregistré puis laissé de côté jusqu’à arriver aux oreilles du label byebye records en 2026.

​Qu’y entend-on ? Une voix féminine d’abord, éthérée et planante, un timbre de soprano qui, d’être si pur, en devient presque chimérique - comme si un spectre nous prenait par la main. Une instrumentation orchestrale, ensuite, à la fois organique et synthétique, entre la musique de film et la bedroom pop. La plupart des instruments y sont présents en double, comme si c’est aussi le son qu’on hallucinait : ce qu’on perçoit, est-ce une basse ou un sub d’ordinateur ? Une guitare acoustique ou un sample ? De la batterie ou une boite à rythme ? Sont-ce des cordes, un Solina ? Une voix humaine, vocodée, ou des chœurs samplés ?

On pense à la fois au trip-hop des années 90 et à la peinture du 19ème siècle, à Elisabeth Fraser, Beth Gibbons ou Air, mais aussi à Shakespeare et aux jeux vidéos, à une expérience de somnambulisme, enfin. Tout tremble et se fractionne. Des fantômes, des insectes et autres créatures semblent dériver dans les textures des chansons.

​A la fin, tout ça donne un disque généreux et hanté, où les mélodies paraissent d’aube ou de crépuscule, toujours à la lisière de quelque chose sur le point d’arriver. C’est-à-dire de finir.
​Comme une hallucination commune : une fantaisie.

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